A Ve(r)nir

A Ve(r)nir
Après un trailer alléchant et de multiples vidéos diffusés sur youtube ou autre, la Spirale est de retour.
Un nouvel album enfin distribué (par Believe) qui sera uniquement en format digital et qui sort le 9mars (oui c'est bel et bien demain).

Un album déjà annoncé comme celui de la révélation (vous pouvez par ailleurs choper le précédents qui est lui aussi en ligne sur les plateformes classique). Certes les attentes pour les gens qui ont déjà écouté attentivement Ni Dieu Ni Maître sont grandes, mais il semble que la Spirale ait réussit le tour de force de faire mieux.

Au programme collaboration de tout horizon, ambiance grime et MCing de haut niveau.

Bref demain la France saura.

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# Posté le dimanche 08 mars 2009 17:08

Modifié le lundi 11 mai 2009 16:50

Orelsan - Perdu d'avance

Orelsan - Perdu d'avance
Investie d'une (ex) nouvelle plate-forme de diffusion et promotion qu'est internet, la musique s'est bizarrement rarement aussi mal comportée ces dix dernières années. Et pourtant de temps à autres sort de ce méandre de fils, un magnifique toile.
La dernière perle rapologique que vous n'avez sans aucun doute pas loupé à son arrivée dans les vrais bacs est Orelsan. Fort de quelques clips punchlinesques et d'un couple myspace/facebook toujours actualisé, il sort, après pourtant 26 ans de vécu, son premier album Perdu d'avance en major, passant ainsi par les différentes cases que sont Generation et Skyrock. Chroniquons ce disque attendu par quelques puristes et maintenant écouté par toutes sortes de furies.
Si le mc fit une grande partie de sa réputation sur des punchlines humoristiques, Orelsan a décidé de ne pas perdre ce grain de valeur notamment dans "Jimmy Punchline" : "Ma gueule de bois ferait passer Pinnochio pour un vrai p'tit garçon", "J'vénère les femmes à tête de chiennes comme les égyptiens", titre phare de l'album où le caennois nous distille par goutelettes ses phases sur la mer de son album.
Mais si au fond de cette mer, on pourrait rire et chanter, on repère vite que sans ce phare, Orelsan nous fait plutôt déchanter. Looser habituel, tel est son auto-portrait qu'il nous dévoile tout au long des quatorze titres du skeud.
Sur des beats souvent très commun - Skread ne semblant prendre son pied qu'avec le compatriote Ne2s si l'on excepte les titres "Etoiles Invisibles" et "La peur de l'échec" (intro et outro de l'album) - Orelsan conte et raconte ses galères avec les filles, à l'école, avec ses parents; sa perpétuelle envie de fuir vers une non-existence qui à défaut d'être se fait remplir le gosier par toutes sortes d'alcool et d'essences. "Courez, Courez" symbolise au mieux cette mélancolique fuite et "Pour le pire" la tentative raturée de s'approcher des femmes sans pour autant trouver celle qui fermera ce robinet des yeux qui fuient. "Soirée Ratée" est l'exemple même d'un vécu typique d'un enfant de la classe moyenne ou d'un habitant d'HLM; car entre Fuzati et Mac Tyer, la moitié des Casseurs Flowters touche plus d'un de ses auditeurs, moi le premier, et c'est ce qui fait sa principale force mais aussi sa principale faiblesse... Quitte à tout miser sur le fond, le plus connu des rappeurs du 14 en oublierait parfois de travailler son flow sur de pas plus originaux instrus de son producteur attitré.
A défaut d'un flow détonnant ou d'allitérations pleines de sens grandiloquent, Orelsan sait donc toucher par sa représentation exacte de notre génération "No Life", perdue et pleines de questions sans réponses (le titre "Changement" étant le portrait parfait d'une jeunesse libérale mais pas forcément libérée dans le bon sens du terme).
Mais toucher ne suffit pas à plaire, être "Différent" non plus... Peut-être qu'un peu plus de talent (beats, variation de flow et forme d'écriture) sauront dans un prochain album nous donner l'envie de gratter son "Logo dans le Ciel".


Best tracks :
- Etoiles Invisibles
- Jimmy Punchline
- Soirée ratée


Worst tracks :
- Logo dans le ciel
- Différent
- Gros poissons dans une petite mare



13,5/20

..:jEy:..

# Posté le vendredi 13 mars 2009 09:17

Modifié le lundi 28 septembre 2009 16:02

La Spirale - En vers et contre tous

La Spirale - En vers et contre tous
La voici, après tant d'attente et de reports qui ont aboutit à un retard inacceptable, la chronique du dernier album de la Spirale - En Vers Et Contre Tous - est là.
Apparu en mars sur les plateformes de téléchargement légal, cet album a d'abord réussi à faire parler de lui par sa qualité mais aussi par l'accueil positif des consommateurs, qui lui a valu de truster les places du top vente pendant un certain temps malgré le statut groupe indé . Procédons à la dissection de ce succès.

L'album s'ouvre sur une grosse intro, intitulée une « poignée d'homme », née de la collaboration entre Arom et DJ Noyl. Le décor est vite planté, la Spirale entre en guerre et cet album en est la déclaration. La montée en puissance tout au long du morceau aboutit sur le premier vrai son de l'album.
L'on y reste dans les mêmes tons, accompagnée de grimers, de gourmets, d'(R)sonic, d'un membre de l'Harmopée ainsi que d'Oz, la Spirale attaque clairement le vif du sujet, avec un affrontement épique de l'ensemble des MCs contre le reste du monde, se déchaînant sur une instru résolument grime pour ce morceau éponyme « en vers et contre tous ».
Vient ensuite « le pudding à l'arsenic », après un sample d'Asterix et Cleopatre, une instru grasse et grinçante concoctée par Arom lance un son où les 3 MCs se lance dans une approche chimique de leur art, en parfaite adéquation avec le rap expérimental qui y est proposé.
Premier morceau de l'album fruit de la collaboration entre les Gourmets et la Spirale, « Du plomb dans ma serviette » est une esthétique séance de démolition de la concurrence dans les règles de l'art, le tout servi sur une prod d'Aetoms à la frontière entre le garage et les productions américaines.
Les festivités s'enchaîne avec le très dynamique « Reine des salopes ». Le message est explicite, rien ne sert de faire confiance à la Spirale, ils n'en sont pas dignes et vous trahiront à la première embûche. Un son à des milliers année lumière de l'éternel égotrip usé que l'on trouve encore (trop) dans le hip hop.
A peine notre souffle repris, l'album embraye sur un son à l'instru plus solennel pour accueillir les bretons de l'Harmopée. Le titre, « le péril junk » est évocateur de ce qui suit, chaque MC y livre son vécu et sa vision sur la défonce à outrance. Un son efficace laissant l'auditeur voyager au gré des variations des flows de chaque rappeur.
Après ce déchaînement sonore, le son qu'est « Les enfants des ténèbres » semble suspendre le temps avec un tempo ralenti et une prod mélancolique. Profitant de l'aubaine, Arom et Blazé vont livrer une prestation très propre et posée sur ce court morceau romantique.
L'on pourrait croire que le groupe se calme... Que nenni ! L'ambiance est relancée immédiatement par le deuxième morceau Spigou; sur une prod de Bonetrips : les MCs se lancent dans un « Jeu de rôle » morceau traitant de l'hypocrisie de chacun.
Continuant dans son rythme infernal, l'album nous envoi vers le son « tu voulais quoi » qui au delà de la faute de sa faute grammaticale a aussi la particularité de posséder un refrain vocoder. Aucun effet de mode - le morceau date en effet d'avant la déferlante de cet outil en France -. En résulte un morceau haineux, particulièrement sur le couplet des plus virulents de Blazé; comme d'habitude tout le monde en prends son grade et (R)sonic participe joyeusement à la fête.
Certains verront dans cette « zone 51 » un délire de persécution ou une théorie du complot à la Non Phixion, d'autres y verront une révélation de la réalité à la face du public, toujours est il que sur une instru de Juge virulente, les MCs se lancent dans un exercice de style parfaitement maîtrisé à l'aide de textes acerbes portés par leurs flows inquisiteurs.
S'en suit une interlude electro « la cage » avec Diktat au refrain, ce qu'il faut savoir sur ce morceau fou c'est qu'à la base la Spirale avait posé dessus, mais qu'il fut décidé de ne livrer cette version au grand public pour éviter des problèmes de santé. Toujours est il que cette interlude est particulièrement efficace et qu'on ne peut que saluer le travail accompli sur ce morceau.
Une fois les soubresaut de la cage disparut, la Spirale se relance dans un featuring avec Bonetrips, oui j'ai bien dis featuring, non pas que le DJ des gourmets se soit lancé dans une carrière de MC, mais tout simplement parce que tout comme dans Star Trek sur le précédent album, le morceau laisse autant de temps d'expression au groupe qu'au DJ. Le thème de « la Flemme » est lumineux, tant chacun peut se reconnaître dans les textes du crew lillois le tout sur une instru grasse et lente permettant aux MCs de galoper sur le beat. La sortie de piste est assurée par un Bonetrips très inspiré.
Après nous avoir expliqué comment ils le gâchaient, la Spirale nous livre un morceau sur le temps. Accompagné d'un Missak au flow chirugical, le crew fait un « arrêt sur images » ou plutôt sur son en livrant une grosse performance sur une instru riche et évolutive d'Arom.
L'album se conclue enfin sur la deuxième partie de « En Vers et Contre Tous », regroupant toute une flopée d'artistes talentueux. Un son toujours sans concession dans l'esprit de l'album et qui vient comme la fin logique.

Que retenir de cet album ?
La Spirale a su montrer qu'ils pouvaient continuer d'innover après le très convaincant Ni Dieu Ni Maitre, en faisant primer un style peut être plus abordable et efficace, ils nous rappellent qu'il faut continuer de compter sur eux pour le futur du hip hop. Un album a placer entre toutes les mains, Celui de l'année ? Même si nous ne sommes jamais à l'abris de bonnes surprises, il l'est probablement. A placer sur vos étagères entre Ultrasound de Durty goodz et Sickology 1o1 de Tech N9ne.


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# Posté le lundi 11 mai 2009 16:46

Libre Penseur & Le 4romain - Enlève tes talons

Libre Penseur & Le 4romain - Enlève tes talons
On a volé pas mal de choses au rap français mais toujours pas sa liberté de penser !
Le 4romain (connu pour son appartenance à Rouge à Lèvres avec ses comparses Grems et Disiz) s'est donc associé au - désormais connu ici - lyonnais Libre Penseur (proche de Missak et des Gourmets pour les non-initiés) et ont pris leur liberté de peser dans ce jeu avec ce nouveau maxi original et téléchargeable numériquement :
Enlève tes Talons
Un trois titres dont un remix avec mr Missak et une production de Killersoundz à télécharger exclusivement sur fnacmusic, Virgin etc... enivrant notre ouïe sur le charme de ces demoiselles huppées aux talons. Le tout par un flow posé et nonchalant sur de grosses prods électros rythmées d'assonances et allitérations.
Combinaison innatendue, résultat surnaturel. Ce maxi est conseillé à tous les friands de rapologie shit !


..:jEy:..

# Posté le jeudi 17 septembre 2009 08:34

Modifié le lundi 28 septembre 2009 16:02