Gravité Zéro - Progéria Solaire

La gorge nouée, simple ouvrier, je me sais condamné,
n'étant pas sur la liste des navettes du programme "Arche de Noé".
Le spectacle de désolation s'amoncelle,
c'est l'épilogue et il fait si sombre sous nos stèles.
Les homicides se signent de rouge sans nuances,
plus rien ne retient maintenant le cycle de la démence.
L'obscur futur se coiffe de vices amenés à leur terme,
certaines rues de luxure s'inondent de sperme.
Les masques tombent, les hommes vomissent leur haine en fusion,
pendant que la chaleur colporte les odeurs de putréfaction.
Je me réfugie dans un album photo avec ivresse
pour sans doute y retrouver les tombeaux de ma jeunesse.
J'essaie d'oublier toutes ces images de capitales irradiées,
refouler mon côté bestial pour ne pas tuer.
Oublier le bruit de la chute des corps défenestrés,
oublier cette femme enceinte qui dans la rue se mutile pour avorter.
Les cataclysmes se succèdent,
peut être est-ce que la nature ne supportait plus nos excès.
Asphyxiés par la peur, nos vies suspendues par le temps,
les uns remercient Dieu pendant que d'autres implorent Satan.
Rongé par les larmes, je me creuse comme le lit d'une rivière
parmi les bris de verre et les cris qui remontent des entrailles de la Terre.
C'est fini, ma chair tombe en lambeaux.
L'immense lumière rouge embrase le ciel, c'est bizarre mais je trouve ça beau !


L'arche de Noé pénètre dans la stratosphère d'un ½il vigilant
avec à son bord une poignée d'hommes bénie par la chance,
ayant l'espoir de réanimer notre civilisation sur une terre salutaire :
l'aube d'une nouvelle commence au dépens d'une progéria solaire.
L'émotion perle sur le visage de mes compagnons,
l'enceinte résonne d'une symphonie mortuaire à demi-ton.
La communion de toutes ces souffrances envahit mon être
jusqu'à en rendre même provoquantes les prières des prêtres.
J'en peux plus. Je voudrais tant trouver le repos mais la peur de ne pas
réussir à soustraire de mes pensées ces images de suicides spontanés me hante
et m'oblige à garder les yeux ouverts. Alors
je me plonge à l'infini à travers le hublot,
mais même les étoiles donnent l'impression de fuir,
de fuir l'apocalypse, cette géante rouge en thermo-fusion.
Pendant que notre sphère se volatilise,
je me plais à croire qu'au delà des religions, l'Homme trouvera sa terre promise.


Jour après jour, l'éternité terrienne perd de sa durée. Mais si le soleil était atteint d'une maladie rare qui accélérait son vieillissement, la perte vitale de notre planète serait peut-être de notre temps.
Tout du moins c'est le scénario que le duo James Delleck/Le Jouage nous propose.
Dans leur album éponyme de 2003 où ils propagent le premier rap de science-fiction et d'anticipation, "Progéria Solaire" se trouve être la perle à retenir parmi les excellentes tracks.
Beat electro-spatial et envolées de scratchs purement HH se fondent pour l'ambiance apocalyptique propre au morceau. Quant aux lyrics ultra-travaillées et esthétiques des deux rappeurs, elles décrivent avec beauté la fin de notre planète Terre, les trips de ses futurs cadavres et la dépression nostalgique de ses survivants.
Originale et rapologiquement puissante, la piste 4 des Gravité Zéro est donc une track à écouter et réécouter mais aussi à admirer pour son clip tout aussi classique.

[A noter page 6, le clip "Du PQ pour mon trou-trou" du Svink et "Trip en Lunettes noires" de Tido avec un guest féminin au flow atypique et la présence d'un Nikk caché].


..:jEy:..
# Posté le lundi 14 avril 2008 17:09
Modifié le mercredi 16 avril 2008 15:28

ATK - A qui j'profite ? [CLIP]

Clip peu exceptionnel, la vidéo a le privilège d'être le dernier tournage de Fredy K aka le douloureux départ. La perruque en non-caricature, le 19ème (rue d'Aubervilliers) en décor classique avec la mythique vodka et la squetteca en tête, les détails font mouche malgré aucune prise de risque et quelques plans ratés. Titre en feat avec Freko Ding sur le dernier ATK , "A qui j'profite" n'est qu'une tuerie de plus dans la défunte discographie de Mister K.
On ne peut avec tout ça qu'apprécier la dernière prestance de la PLUS2CLASSE.
Ne regardez pas, observez...


http://www.dailymotion.com/video/x57qaf_fredy-k-et-freko_music

..:jEy:..
# Posté le dimanche 27 avril 2008 18:48

Rouge à Lèvres ft. Foreign Beggars - Gash [CLIP]

Safia se maquille, Grems règne en mac, la boîte se remplit avec l'arrivée d'Orifice Vulgatron des Beggars étrangers (de l'île anglaise pour préciser), Le 4romain joue son dj romanesque et Disiz est hors des temps; c'est ce qu'il suffit pour un clip tuerie.
Vidéo réalisée par Tonytruand, aka le cinéaste de "Pisse2Rakaille", "Gash" est une épreuve cinématographique et musical de haut-niveau avec injures remplacées métaphoriquement par baisers délicats et ambiance club anglophone où le Grime se révèle la parfaite fusion entre le hip-hop et UK Garage.
Si l'entrée est sombre c'est car les couleurs de la salle sont vives et si les new era s'enchainent c'est pour mieux déchainer les flows des 3 mc's en plans séquences.
Lèvres pulpeuses, beat de pieuvre, graffs en posters muraux et b.boys en perpétuel déhanchement, c'est le HH et comme dirait Grems "je suis la hype" !

http://www.dailymotion.com/video/x58zua_rouge-a-levres-foreign-beggars-gash_music

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# Posté le mardi 29 avril 2008 16:59

Klub des Loosers - Vive la Vie

Klub des Loosers - Vive la Vie
"Un perdant !"
"Une putain de perdrix !"
"Le non-flow jusqu'à son apogée !"
"A part des punchlines pas marrantes, il sert à quoi ?"
"Pour riches, pour bourgeois, il est pas hip-hop !"
"C'est pas du Rap..."

Tels sont les reproches faits jour après jour à Fuzati mais que celui-ci assume. A en voir son public gothico-skateur, on pourrait presque y croire, mais non. Ce mec fait du rap et a sorti un seul et unique album qui par ironie célèbre la vie, ses festivités, son hip-hop et sa charité. Versaillais de naissance, il sait bien sûr dédicacer sa ville dans "Sous le Signe du V" ou la morne vie d'un moyen est décrite avec justesse.
Morne et triste, telle est d'ailleurs la jeunesse du Fuzati au point qu'il puisse ne plus y croire. Pour dire toute la vérité il est justement plus qu'un peu seul, c'est ce qu'il nous déclame dans "De l'amour à la haine", plus belle track de l'album se distinguant par son instru entétante et sa récitation de punchlines portant sur la vie de couple finissant en guerre et coups.
Ces coups que Fuzati reçoit par la vie, il les rend rapologiquement parlant, le meilleur exemple étant "Le Manège des vanités" qui par son beat glauque saura vous fasciner, signe qu'encore une fois le monde d'ici est comme la fleur de cette fille : fanée... Ou comme le hip-hop qu'il remercie amèrement à travers ses facettes (re)connues que sont Kool Shen, Booba et Diam's sur "Dead Hip-Hop", esprit puriste et réaliste.
Au final on se rend compte que depuis qu'il est enfant, Fuzati n'est pas stable, son flow est vraiment dérangeant mais n'est-ce pas ce qui fait son charme ? Ses instrumentales sont réellement étranges mais sous cette avalanche de phases, n'est-ce pas qu'un contre-champ idéal ?
Il n'y a que peu de choses de sûres : la vie est vive, Vive la Vie est un skeud énorme et la poussière de nos futurs enfants aura la chance d'en connaître la suite musicale !


17/20

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# Posté le mercredi 07 mai 2008 20:20
Modifié le jeudi 19 juin 2008 08:54

Issa : "C'est une histoire qui parle de chiens egorgés, de maîtres ecorchés, des peines insurgés"

Issa : "C'est une histoire qui parle de chiens egorgés, de maîtres ecorchés, des peines insurgés"
Issa, pseudo métissée dès la prononciation, est un de ces rappeurs de la nouvelle école du flow. Présent sur myspace depuis quasiment deux ans, le parisien nous divulgue seulement quelques morceaux parsemés sur sa page.
Mais parmi eux, le son sent déjà les tueries signées le 20ème et prévoie une très bonne carrière. Thème le plus présent du rappeur d'origine guadeloupéen : l'afrique et ses ressortissants. Ce continent et son histoire souvent oubliée, plus particulièrement des manuels scolaires qui dessinent les oublis avec justesse. "C'est une histoire" horrible d'esclavage, mais Issa sait souvenir et rappelle d'un flow affolant et d'un texte travaillé le conte d'une colonisation ainsi que la régulation actuelle des noirs.
Son flow se faufile de vague en rime mais jamais sans divaguer. Et s'il n'aurait qu'un point fort à retenir, ce serait celui-ci l'alliance flow-voix. Certes c'est rauque, certes c'est rugueux mais ça coule de source, ça s'acélère, ça se dérythme puis ça repart au départ d'une nouvelle rime pour un 16' ravageur. La source Fabe et D. Abuz qu'il aime particulièrement se ressent.
Mais ne croyez pas à l'unique qualité, loin de là, Issa est également l'assassin lyriciste. Entre fond engagé et egotrip d'allitérations sur "Strass et Stress", le mc est polyvalent. Tout simplement pluriel il sait s'acoquiner avec des thèmes aussi plus conventionnels comme l'industrie Rap dans "Hiphopcrite", son hypocrisie, ses rapports de major et surtout le majeur qu'il nous avance.
Lors des multiples l'autre talent à contempler d'Issa est sa faculté multi-rimes, à l'intérieur du vers, multipliées par deux et externes-internes, elles se complètent et s'alignent pour offrir une expérience rapologique peu entendue.
Gageons que la poursuite rapologique sera présente...

http://www.myspace.com/elhadjissa


Sons à écouter :
- C'est une histoire
- Freestyle
- Hiphopcrite
- Sekhmet
- Simpsound (C'est une Histoire Remix)
- Strass et Stress



..:jEy:..
# Posté le mercredi 14 mai 2008 12:28
Modifié le vendredi 23 mai 2008 08:48